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Nouvelle politique pour les rivières bruxelloises

Article d’ Olivier Goubault (Coordination Senne) et Harry Mardulyn (Bruxelles-Nature) paru dans “Escaut sans frontières” n°29
texte avec photos sur http://www.grenzelozeschelde.be/pdf/NBGS-29-05_FR_web72.pdf (pages 6 et 7)
Depuis 1996, la politique de gestion des cours d’eau et de leurs vallées présente des objectifs ambitieux et originaux. Mais son application sur le terrain montre des limites importantes.
Les associations nature et environnement demandent au Gouvernement Régional de développer d’ici 2010 une politique pour les vallées bruxelloises renouvelée et ambitieuse.
Les politiques menées …
Le maillage bleu vise à redonner vie aux cours d’eau bruxellois, aux étangs et aux zones humides subsistantes. Ceci passe par 5 types de mesures.
    Assurer la séparation des eaux usées des eaux propres.
    Restaurer écologiquement ces milieux et rétablir autant que possible la continuité des rivières.
    Valoriser ces milieux sur le plan paysager, récréatif et urbanistique.
    Gérer ces milieux pour préserver leur richesse écologique.
    Surveiller et garantir la qualité de l’eau par suppression des rejets polluants.
Le maillage vert doit permettre de relier les espaces verts entre-eux, à développer la multifonctionnalité des espaces verts, notamment en prenant mieux en compte leurs fonctions écologiques.
La mise en application des Directives Oiseaux et Habitats s’est concrétisée par la désignation en 2003 des zones protégées dites ‘Natura 2000’ (près de 12% de la superficie de la Région).
Une grande partie des zones est située en Forêt de Soignes, mais les autres sont surtout des milieux aquatiques et humides situés de fait dans les vallées (vallée de la Woluwe, de la Pede, du Molenbeek, des cours d’eaux ucclois, …).
L’Institut Bruxellois de Gestion de l’Environnement est chargé de l’application de ces politiques et leurs limites …
D’autres gestionnaires interviennent également sur les cours d’eau. Leurs objectifs – tels que assurer l’évacuation des eaux pluviales, amener les eaux usées vers les stations d’épuration, …peuvent être contradictoires avec les fonctions écologiques. Ainsi p.e., en 1999 la transformation du Zwartebeek en collecteur ramène l’ensemble des eaux du Geleytsbeek et de ses affluents ucclois au collecteur.
La gestion écologique est limitée à quelques espaces verts régionaux et aux réserves naturelles. La gestion de la majorité des autres espaces verts (régionaux, communaux ou privés), tient plus compte d’impératifs paysagers et récréatifs qu’écologiques.
Les travaux les plus importants sont réalisés par des entreprises privées, parfois peu intéressées dans l’application de méthodes et techniques écologiques. Si certains travaux sont une réussite ‘écologique’ (comme p.e. au Rouge-Cloître), d’autres s’avèrent beaucoup moins satisfaisants (p.e. remise à ciel ouvert de la Woluwe).
Le manque de concertation avec les autres Régions peut également poser des problèmes: implantation de collecteurs d’eaux usées en bordures de zones humides, rejets d’eaux usées et de déversements d’orage (e.a. eaux de ruissellement du Ring de Bruxelles) à l’amont des cours d’eau ou des milieux aquatiques, …
Le plan directeur du maillage vert et bleu est repris dans le Plan Régional de Développement. Mais l’absence d’une réelle planification financière et des travaux nuit à la cohérence des actions réalisées.
Enfin, le programme ‘Natura 2000’ présente certes un objectif ambitieux, mais avec quels moyens pour l’appliquer?

Les attentes des associations nature et environnement

Les associations nature et environnement proposent 5 pistes de réflexion:
  1. Le développement d’un nouveau Plan directeur de maillage vert et bleu et d’un plan global de gestion des zones Natura 2000 intégrant un planning concret de réalisation et de financement. Des moyens financiers et humains adéquats doivent être apportés pour une réelle application de ces politiques.
  2. La mise en place d’une concertation régulière entre les divers acteurs concernés (y inclut avec les autres Régions). Cette concertation pourrait s’organiser par vallée, structure géographique la plus cohérente;
  3. Le développement de nouveaux outils de protection diversifiés et adaptés à chaque situation p.e. un contrat de rivière pour la Woluwe, un Parc Naturel de la Vallée de la Pede,…
  4. Promouvoir une vraie participation publique tant au niveau des plans et projets qu’au niveau de la réalisation concrète des politiques, par la mise en place de comités d’accompagnement.
  5. La réalisation d’un bilan global et d’une évaluation régulière des politiques menées (avec des indices mesurables).
Ces mesures permettraient à la Région de Bruxelles-Capitale de mieux répondre aux exigences et délais des législations européennes sur l’eau et la nature.

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