. . .
  • Chaussée de Helmet 176 Bte 5, 1030 Bruxelles
  • 02 242 87 04

Note sur l’étetage des arbres

L’abattage d’arbres situés dans des lieux publics est souvent mal perçu par le public et soulève d’impétueuses levées de bouclier. Les mutilations, imposées à ces mêmes arbres lors des tailles d’entretien(taille en tête de chat, étêtage), ont le plus souvent le même effet.
Le paradoxe veut que ces mutilations , en particulier l’étêtage , soient parfois proposées comme solution de remplacement de l’abattage  en espérant ainsi pouvoir conserver des arbres autrement condamnés. La mise au point sur l’étêtage que nous proposons à pour but de prévenir ces  «  effets pervers ».

Quelques définitions pour commencer

L’étêtage consiste en la suppression de la cime d’un arbre; l’éhoupage ou ravalement consiste en la coupe générale de toutes les branches sectionnées au ras du tronc. Le rapprochement consiste à rabattre les branches au tiers de leur longueur. Un arbre têtard est un arbre qui a été étêté ou écimé et dont les branches sont régulièrement ravalées(on obtenait ainsi, dans nos campagnes, un véritable taillis aérien dont on tirait fagots, perches ou rames sur les saules ,ormes, peupliers, platanes…).
Ces interventions mutilantes entraînent un certain nombre de conséquences pour la santé et la survie des arbres ainsi traités, pour la qualité paysagère des sites souvent défigurés et pour le cadre de vie des habitants.
  1. la réduction considérable de la surface foliaire diminue la capacité de photosynthèse des arbres et donc leurs possibilités de nutrition. L’arbre s’affaiblit et réagit en émettant une multitude de rameaux et de gourmands qui font écran à la lumière et imposeront des tailles de plus en plus fréquentes. De plus, les racines régressent par épuisement des réserves, ce qui affecte la solidité de l’ancrage dans le sol(risque de châblis).
  2. les plaies de coupe effectuées transversalement sur l’axe principal sont toujours importantes et ne cicatrisent jamais. Elles offrent une porte ouverte aux germes, champignons et insectes ravageurs divers. La pourriture s’installe et descend dans le tronc vers les racines : l’espérance de vie de l’arbre aura diminué de moitié, si ce n’est plus.
  3. ces traitements enlèvent leur silhouette  spécifique et naturelle  aux arbres qui prennent un aspect souffreteux et malingre : est-il raisonnable de transformer en porte-manteau les platanes, arbres au port naturellement majestueux.
En hiver, les alignements d’arbres ainsi transformés en poteaux donnent un effet visuel particulièrement affligeant et déprimant..
En résumé, ces tailles exceptionnelles doivent demeurer une « exception ».L’étêtage et le ravalement ne devrait être envisagé qu’en cas de nécessité absolue(rééquilibrage d’un arbre ayant subi un traumatisme, adaptation de la charpente à un environnement qui a changé) ou en préalable à un abattage. Les arbres dépouillés de leurs branches dont ne subsistent que moignons et pilons disgracieux devraient disparaître de nos paysages urbains.
Certaines essences d’arbres supportent mieux que d’autres l’étêtage et ont d’ailleurs été  traités de cette manière dans nos campagnes, en particulier saules, peupliers, ormes. Ils servaient d’éléments de bornage des parcelles, de «taillis aérien »(voir point 1.) et constituent des éléments traditionnels de nos paysages . Dans les sites classés et certains sites paysagers particulièrement remarquables, derniers lambeaux de nos anciennes campagnes,  ce type de traitement doit pouvoir continuer à être appliqué pour sauvegarder l’authenticité des lieux (arbres têtards).
En ville, une attention particulière doit être accordée au platane, . En effet, cette espèce rustique résiste à toutes les pollutions, toutes les agressions…y compris les tailles « sauvages », ce qui en fait l’arbre à tout faire des divers services des plantations de la Région Bruxelloise. Pour éviter les sinistres tailles « en tête de chat », le platane devrait être uniquement en port libre, à réserver aux alignements des larges avenues monumentales (avenue de Tervuren, par ex.) et aux grands parcs.

Tags CLOUD

LAISSER UN COMMENTAIRE